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6 fév 2026
Italie: Délais de paiement, un défi structurel pour les entreprises
Contexte économique de l'Italie
L’Italie, troisième économie de la zone euro, connaît une situation économique contrastée à la mi-2025. Après une phase de reprise post-COVID, la croissance ralentit. Le secteur manufacturier, qui représente 15 % du PIB, est en difficulté, et la consommation intérieure reste faible malgré quelques signes de reprise.
Le marché du travail, en revanche, continue de s’améliorer. Le taux de chômage est passé sous la barre des 6 % fin 2024, d’après l’OCDE, un niveau historiquement bas. Cette évolution, combinée à une baisse ciblée des impôts et à un recul de l’inflation, soutient le revenu disponible réel. L’épargne des ménages, encore élevée en 2024 (12 % du revenu disponible), commence à être dépensée, ce qui favorise la demande.
À l’international, l’Italie affiche un excédent courant depuis 2024, grâce à la baisse des prix de l’énergie et à de bons résultats dans le tourisme. Néanmoins, la situation budgétaire reste fragile. La dette publique approche les 140 % du PIB, et le déficit reste élevé, ce qui a conduit la Commission Européenne à placer le pays sous procédure de déficit excessif. Pour l’instant, la confiance des marchés et le soutien implicite de la BCE permettent de limiter les risques. Le système bancaire, solide, constitue également un facteur de stabilité.
Perspectives pour 2026
La croissance économique devrait rester faible en 2025, avec une progression attendue de 0,8 %. Elle serait principalement portée par la consommation des ménages et par l’avancement des projets liés au plan de relance européen. En revanche, les investissements privés ralentissent, en particulier dans le secteur du logement, affecté par la fin progressive du dispositif Superbonus. La construction non résidentielle et les projets d’infrastructures pourraient toutefois compenser ce recul, à condition que les fonds européens soient utilisés de manière plus efficace car moins de la moitié avait été engagée à la fin de 2024.
Le commerce extérieur reste un point fort de l’économie italienne. Les exportations représentent près de 30 % du PIB, avec une forte orientation vers l’Union Européenne et les États-Unis. La demande extérieure reste toutefois fragile, notamment en raison du ralentissement de l'économie allemande et des incertitudes liées aux politiques commerciales américaines, telles que la réintroduction de droits de douane sur certains produits industriels.
L’Italie conserve un score G-Grade de 3,75 en 2025, stable par rapport à 2024. Ce niveau reflète un risque modéré en matière de crédit interentreprises. Le cadre juridique est opérationnel mais lent, la situation politique est globalement stable, et les délais de paiement restent plus longs que la moyenne européenne.
Notre indicateur trimestriel G-Grade est une synthèse des évaluations des risques pays, réalisées par les assureurs-crédit. Il permet de visualiser en un seul coup d’œil les tendances et le niveau de risque pour chaque pays.
L’Italie présente un cadre légal harmonisé avec l’UE, bien que l’administration reste lente et les procédures judiciaires complexes.
Eléments
| Pratiques courantes |
|---|---|
Délais de paiement usuels
| 60 à 90 jours. Le respect des délais de paiement reste inégal selon les régions et les secteurs. |
Moyens de paiement
| Virement (très fréquent), Cambiale (lettre de change), chèques (encore fréquents au sud), RI.BA. |
Garanties fréquentes
| Les lettres de change acceptées ont valeur exécutoire. Les garanties bancaires peuvent être exigées selon le niveau de risque du débiteur |
Pénalités de retard
| Le taux légal applicable est celui de la BCE majoré de 8 points. Il doit être contractualisé pour être appliqué sans contestation. |
Facturation électronique
| Obligatoire, formats et portails spécifiques |
Note : Le RI.BA. (Ricevuta Bancaria : ordre de paiement différé transmis à la banque du débiteur) n’est pas un moyen de paiement, mais un outil de transmission électronique de créances. Il peut être efficace avec des clients fiables, mais il reste une simple reconnaissance de dette sans valeur juridique, donc sans véritable recours en cas d’impayé.
Comportement de paiement dans le secteur privé
Les retards de paiement restent fréquents en Italie. Ils s’expliquent notamment par les difficultés de trésorerie des PME, par une forte dépendance au crédit fournisseur, et par la structure très fragmentée de l’économie. Dans certaines régions du sud, ces délais peuvent atteindre ou dépasser 90 jours. Le nombre de créances non réglées après 120 jours est en hausse, en particulier dans les secteurs du BTP, de la distribution et de la métallurgie. En revanche, les grandes entreprises et les groupes internationaux ont généralement de bons comportements de paiement.
Focus sur le marché public
Les délais de paiement dans le secteur public ont diminué, mais restent élevés dans certaines administrations locales. Les appels d’offres suivent les règles européennes, mais leur exécution peut être perturbée par des retards budgétaires. La digitalisation progresse avec la plateforme MEPA (Marché Électronique de la Public Administration), bien que son efficacité varie sensiblement d’une région à l’autre.
Stratégie de recouvrement
- Recouvrement amiable
Il reste la solution à privilégier. Les relances écrites, les appels téléphoniques et les visites sur place sont souvent efficaces. - Procédures judiciaires
Injonction de payer (decreto ingiuntivo) : procédure rapide si la créance est bien justifiée. Le débiteur dispose de 40 jours pour contester. / Procédures simplifiées : adaptées aux litiges simples et bien documentés. / Procédures ordinaires : plus longues (jusqu’à trois ans) et coûteuses.
Une fois le jugement obtenu, différentes formes d’exécution sont possibles : saisie de biens mobiliers, immobiliers ou de créances auprès d’un tiers. Les décisions rendues dans l’Union européenne peuvent être exécutées en Italie selon les règlements européens en vigueur.
En Italie, il n’existe pas de tribunaux de commerce, alors face à l’encombrement des tribunaux civils, les jugements peuvent être très longs, surtout si le débiteur fait appel.
Spécificités légales ou culturelles
Le système judiciaire italien est souvent jugé lent, avec des résultats parfois variables selon les juridictions. L’administration reste marquée par une certaine lourdeur, et les procédures peuvent être ralenties par des recours successifs.
Sur le plan des affaires, les relations personnelles occupent une place importante. Dans les PME familiales, le respect des engagements repose en grande partie sur la confiance construite entre les partenaires.
Depuis 2022, l’Italie a introduit le Code de la crise d’entreprise et de l’insolvabilité (Codice della Crisi d’Impresa e dell’Insolvenza), un texte visant à détecter plus précocement les situations de difficulté financière. Ce nouveau cadre oblige les entreprises à mettre en place des mécanismes d’alerte, et facilite l’accès à des procédures de restructuration préventive. Il marque une étape importante dans la modernisation du droit de l’insolvabilité italien.
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